"La médaille je ne la mérite pas, c'est Lyon qui la mérite", le Père Christian Delorme rend à son tour hommage à sa ville natale

Publié le par Michel Durand

"La médaille je ne la mérite pas, c'est Lyon qui la mérite", le Père Christian Delorme rend à son tour hommage à sa ville natale

Source de cette page : France 3 région : Dolores Mazzola

"La médaille je ne la mérite pas, c'est Lyon qui la mérite", le Père Christian Delorme rend à son tour hommage à sa ville natale

<< À 76 ans, le Père Delorme est un militant de la non-violence, militant antiraciste et figure du catholicisme social, vient de recevoir la médaille de la Ville de Lyon. Un honneur dont il ne tire aucune gloire personnelle, au contraire. "Le curé des Minguettes" a tenu à rendre hommage à une "ville fraternelle" et à ceux qui l'ont entouré durant des années pour mener s.

 

"En tant que pradosien, on ne cherche pas les honneurs. Mais j'ai accepté parce que c'est l'occasion de redire ensemble des choses fortes. J'arrive au bout de ma vie avec la maladie, c'est l'occasion de célébrer le Lyon fraternel. La médaille, je ne la mérite pas, c'est Lyon qui mérite la médaille", a déclaré le Père Delorme avec émotion et humilité, ce jeudi 9 juillet. La cérémonie s'est déroulée dans les salons de l'Hôtel de Ville en présence d'une foule d'invités de tous horizons. À l'image des engagements du Lyonnais.

"Un gone de la Guillotière"

Né à Lyon en 1950, Christian Delorme a été ordonné prêtre en 1978. Depuis sa jeunesse, il est très engagé en faveur des populations immigrées. Jeune prêtre à Saint-Fons, il s'est mobilisé en faveur des jeunes Algériens risquant d’être expulsés en raison de faits de délinquance et dont les parents habitaient la cité des Minguettes à Vénissieux. Un engagement qui lui a valu son surnom de "curé des Minguettes". Le Père Delorme est notamment connu pour être l'un des initiateurs de la Marche pour l'égalité et contre le racisme de 1983. Une action non-violente inspirée du mouvement américain des droits civiques incarné par Martin Luther King. Engagé dans la lutte pour l’égalité des droits, des minorités et contre le racisme, le Père Delorme a également soutenu en 1975, le combat des prostituées de Lyon qui ont occupé l’église Saint-Nizier pour dénoncer les violences et discriminations dont elles étaient victimes.

Ce jeudi, à l'occasion de cette remise de médaille, le Père Delorme a redit son attachement à sa ville natale. "Je me sens vraiment un enfant de Lyon. Je suis un gone de la Guillotière. Je respire cette ville et elle me respire depuis toujours", a-t-il assuré. Ses engagements et notamment son engagement en faveur du dialogue interreligieux, il assure les devoir aussi à la présence de nombreux autres acteurs à ses côtés.

"Ville fraternelle"

"Lyon a une culture particulière de la solidarité, différente des gens du nord. C'est plus discret, plus pudique. C'est une ville de la modération", a ajouté le Père Delorme qui évoque "une ville fraternelle". À ce sujet, le prêtre aime prendre en exemple un épisode précis, celui de la fin de la guerre d'Algérie. "C'est un exemple peu approfondi. Au moment de la fin de la guerre d'Algérie, l'agglomération de Lyon a accueilli 100 000 pieds-noirs. Au même moment, c'était l'immigration familiale algérienne qui arrivait et la politique lyonnaise, au sens large, a fait que tous ces gens ont vécu en paix. Lyon n'est pas une ville où il y a des tensions liées à cette histoire douloureuse. C'est une histoire qu'on ne connaît pas suffisamment. J'aime Lyon et j'aime cette ville".

 

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