Si, au lieu de détester l’ennemi, je pouvais détester l’ordre de tuer au point de refuser d’entrer en guerre dans les terres envahies ?

Publié le par Michel Durand

Si, au lieu de détester l’ennemi, je pouvais détester l’ordre de tuer au point de refuser d’entrer en guerre dans les terres envahies ?
Photo de lamnatheshark sur Unsplash

Je suis étonné de constater que le verbe « détester » est largement employé ces temps derniers… dans les médias. Présidentielle 2022 : Emmanuel Macron est « l'homme le plus détesté de France ».

C’est « un député qui s'est tellement fait détester partout qu'il ne peut espérer se faire élire nulle part … »

Les confinements à cause de la pandémie ont rendu irrespirables, invivables certaines proximités. Vraiment détestables ! Et que dire avec ce qui se vit en Ukraine ?

Quoi de plus détestable que la guerre ?

Parcourant divers écrits de Jean-Marie Delthil, je sélectionne celui-ci : La peur. Et si le militaire pouvait ressentir un immense effroi, une intense détestation de la mort inévitable qu’il se mette à refuser de tuer. Objection de conscience !

 

La peur.

Je me trouvais en France, en zone semi-rurale ; nous étions alors en temps de guerre : je crois que c'était au cours la dernière guerre mondiale... l'avancée de l'armée allemande était forte, déterminée, féroce - nous allions au contact.

Je me souviens que nous cherchions des places suffisamment embusquées, mes camarades et moi : l'abri d'un bâtiment de ferme, le creux d'un fossé... en vue de faire face à nos ennemis.

Tout comme mes camarades de combat, nous étions assez bien armés... des armes automatiques, quelques mitrailleuses lourdes également.

Je sentais autour de moi l'odeur de l'acier et de l'huile...

Alors que nous étions fin prêts pour nous défendre - je me souviens qu'à un moment précis, j'ai eu ce sentiment très clair, net : j'étais là habité par la peur... non par une peur paralysante ou bien déformant mon jugement du moment... non pas la peur ici de me voir blessé ou bien même tué - mais la peur de tuer !

Tel fut le rêve de cette nuit.

Jean-Marie Delthil. Bonny-sur-Loire, le 10 septembre 2020

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