nouvelle religion : le juridisme

Publié le par Michel Durand

Un fait

DE RESF

Mme Driss et Djamel, 12 ans, se sont fait arrêter mercredi 2 juillet à 5h du matin à leur domicile à Lyon 2.
Ils ont été conduits au  au centre de rétention de Nimes .... rejoindre Monsieur Driss, arrêté quelques jours avant sur dénonciation anonyme (d’après le rapport de police) !
Mr Driss était sous le coup d'une Obligation à Quitter le Territoire. Il a été expulsé lundi 7 au matin.
Madame et son fils sont passés vendredi 4 juillet devant le juge de libertés, qui les a placé 15 jours en rétention à Nîmes.
L’avocat a plaidé contre l’éloignement de Lyon, où la famille a toutes ses connaissances ; et contre la mise en rétention d’un enfant. En vain.
Le juge a précisé que Mme et son fils avaient été conduits à Nîmes par «souci humanitaire», afin que toute la famille soit regroupée.... !
Lundi 7, le TA a confirmé l’APRF de Mme Halimi-Driss

Commentaire de RESF :

Cette famille n'était pas connue du réseau avant la mise  en rétention. En urgence, la mobilisation s'est mise en place dès jeudi en fin de journée.

Une fois de plus c'est inacceptable.
Pour faire trois bâtons de plus dans la colonne « expulsion », c'est la vie d'une famille qui est brutalement fauchée. Comment se construit un gamin de 12 ans qui vit l’arrestation de son père, puis qui se fait lui-même rafler un beau matin... puis enfermer ?
Comment les copains de Djamel peuvent comprendre ?
Djamel, c'est le copain de la classe, comme tous les autres, (personne n'a jamais pensé que ses parents avaient un problème administratif), celui avec lequel on joue, on cause, celui qu'on invite chez soi… et puis celui qui un jour disparaît !

Traité comme un dangereux criminel...

Une réflexion

Cet exemple, parmi d’autres, montre comment se pratique l’absolutisation du devoir de justice. Dans les cas des « sans papiers », on ne s’occupe pas du pourquoi de la présence des personnes sur le territoire français. On ne cherche pas à se questionner sur le fond du problème, on ne regarde que la forme. Les avocats n’ont d’autres recours que la recherche de « vices de forme ». La loi que l’on doit appliquer est absolutisée à un point tel que je me demande si nous ne nous trouvons pas devant une nouvelle religion : l’idolâtrie de la Loi civile. La mentalité procédurière, que des militants associatifs soutenant les migrants veulent respecter car il semble impossible de faire autrement, envahit tellement l’espace sociale que nous trouvons dans une sacralisation inhumaine. Le tabou légale (l’intouchable) relève d’une nouvelle religion, le juridisme, autant aveugle que cette autre religion, l’économisme, adepte du dieu Argent. Deux idoles, finalement, qui marchent de concert.

Mon propos est, d'une certaine façon, contredit  par la suite du récit de ce fait
Preuve que des juges regardent malgré tout au-delà du "simplement légal" ou utilise ce "légal" dans un sens d'humanité.

de RESF

texte découvert juste avant de mettre en ligne cet article

LIBRES .... et de retour à Lyon ce soir à la Part-Dieu au train de 20h20 ou 21h20

Cet après midi (samedi 19/07)  Mme Driss passait à nouveau devant le JLD à Nimes.
Elle a présenté un certificat médical, (qu'elle n'avait ni à la première présentation devant le JLD, ni devant le TA) datant de mai 2008 (apparemment rédigé par un médecin agrée par la préfecture) disant que son état de santé nécessitait des soins qui ne pouvaient pas être dispensés dans le pays d'origine..... La juge s'est appuyée sur ce certificat pour libérer Mme Driss et Djamel. Le procureur n'a pas fait appel de la décision.
.... on n'avait pas connaissance de ce certificat médical ...

Les copains de Nimes sont partis les chercher au CRA et les mettent dans un TGV.

Je propose un comité d'accueil à la gare de la part-dieu... à l'arrivée du train.



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