Le Palmier de lumière

Publié le par Michel Durand


Jean-Marie Delthil. 5 juillet 2009.  

Ce matin, en prenant mon petit-déjeuner, j'ai retrouvé, là, sur la table de la cuisine, toute cette ribambelle de photos - des photos que j'aime. C'est ainsi. Je suis comme ça - qui sait, fantaisiste ?!... Il n'y a que des visages, de beaux visages, souriants pour la plupart, et puis il y a cette carte postale reçue de ma mère il y a déjà quelques temps. Je ne parvenais pas à la classer dans la pile du courrier reçu, pour laisser ainsi un peu de place sur le bois verni de la table qui saurait accueillir un autre et un nouveau visage... non, cette carte postale pouvait être comme un peu « collée », là, depuis un certain temps déjà... Au verso : un gentil mot de ma mère, et la légende de la photo visible sur le recto : « Le couvent des Jacobins - Toulouse 1229-1391. Le "Palmier" ». 

Vous en savez à présent autant que moi, ou presque. Voici la suite ; ce Palmier, donc : une vaste voûte toute nervurée et poussée, soutenue, par une puissante colonne dont on ne voit que la partie supérieure. Au début, au tout début, je n'avais vu que cela - et comment pouvait-il en être autrement ?! - jusqu'à ce matin même. Les motifs géométriques que formaient toutes ces nervures colorées : ces arcs, en contraste avec le fond de pierres assemblées, étaient réguliers et beaux, certes, assez prenants même, mais je ne parvenais pas à... comment dirais-je ?... à « aimer », mais le mot n'est pas juste, cette photo, ce travail de maçon pourtant extraordinaire, cette représentation, ces entrelacs de lignes un peu comme vus à plat.


Ce matin, j'ai renversé la photo - comme ça ; sans crier gare - comme commençait la journée, et j'ai trouvé un sol couleur d'osier en forme de fond de panier, de cuvette... de recueillement : la voûte ; et de ce sol a subitement jailli - et jaillit bien encore, ce pilier, fort, puissant, dont on voit juste la naissance sur le cliché.

Contrairement au reste, il est en pleine lumière, et il s'élève vers plus de lumière encore - je le sais... c'est évident. La voûte ici ne « protège » plus mais elle recueille, vous l'aurez compris, et donne naissance au pilier ; c'est inversé, oui, tout est ici inversé... et presque renversant. C'est admirable, non cet inversement, ni peut-être même cette photo, mais cette « vision » toute simple. Tout simplement.

La colonne n'a pas de fin ; encore une chose que je sais : cette colonne, elle finira par n'être plus que lumière, à être plus que lumière, aussi ; et espace infini.

Admirez, admirez cette colonne et sa clarté si vous en avez envie, ou bien sa relation avec le « fond » un peu plus sombre et travaillé.

Comme vous voulez...

Comme vous voudrez...

Vous êtes libres...

Inutile de vous dire que je garderai encore cette belle photo un certain temps sur le bois verni de la table de la cuisine, renversée - et toujours dans le Cœur !... Renversant.




Publié dans J. M. Delthil

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article