Coupable(s) ?…

Publié le par Michel Durand

Coupable(s) ?…

Ce matin alors que je me dirigeais en direction de la Loire, à deux pas de la maison, en vue d'aller faire une petite promenade, je me dis tout à coup, et vis-à-vis de moi-même :

« Jean-Marie, comment se fait-il que tu ressentes, là, maintenant, ce sentiment d'inconfort... cette vague crainte et plus ou moins diffuse, cette impression plus ou moins floue d'être coupable… de te trouver coupable ?... »

Je fais alors une photo pour illustrer l'affaire : une campagne déserte et baignée dans la brume.

Et voilà bien le fait – et qui ne remonte finalement pas à cet épisode national et mondial de la Covid 19… Pour ne parler que de la France, il semblerait que– et pour toutes sortes de raisons, d'ailleurs ; fondées ou infondées – nous nous sentions coupables, ou tout du moins pas bien à l'aise vis-à-vis de nos vies et de ce que finalement nous en avons fait... de ce que nous en faisons.

Bon.

L'être humain est capable de conscience – est-il besoin de le préciser – d'une conscience certes collective, mais encore individuelle… À force de vivre avec nous-mêmes : nous finissons par nous connaître assez bien (c'est tout du moins à souhaiter) et avec un peu de patience, ainsi que de clairvoyance, nous devrions être à même de dénouer et démêler cet écheveau de la culpabilité… coupable vis-à-vis de qui, de quoi ?… Et si oui : en raison de qui, de quoi, de quelle action (ou non-action) – qu'est-ce qui nous a rendus coupables vis-à-vis de tel ou bien de tel fait finalement avéré…? Est-ce par notre plein usage de notre liberté, de notre conscience et de notre libre arbitre ?… Ou bien n'est-ce pas également et parfois le résultat d'un engrenage de faits ainsi que de suspicions... d'un climat de méfiance, de défiance, plus ou moins généralisé à l’heure actuelle et dans lequel nous pourrions et d'aventure, vivre ?

C'est ici une seconde question.

Et voici la troisième qu'il serait bon de nous poser personnellement ainsi que collectivement : d'où vient ce climat de suspicion manifestement délétère dans lequel nous vivons ?... Est-ce le seul fait de la mise bout à bout et de l'addition de l'ensemble de nos peurs, démissions et lâchetés individuelles… ou bien cela est-il – j'allais dire « organisé »– tout du moins fortement proposé, ou orienté, par celles et ceux qui nous gouvernent, qui nous dirigent (à un niveau non seulement national, mais/et encore bien entendu mondial) ?

Je sais : c'est peu facile de se défausser ainsi... de poser cette question qui pourrait bien s'apparenter à une accusation gratuite, non fondée, et finalement dangereuse pour notre société…

Toutefois : bien se poser, personnellement déjà et en toute honnête – la question.

 

Jean-Marie Delthil. Bonny-sur-Loire, le 24 novembre 2020.

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