Ce qui nous rend plus grands, c’est la chaîne que nous formons, petit maillon, ensemble nous sommes capables de grandes choses

Publié le par Michel Durand

OFPRA

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Source de l'illustration. 

Pour la revue pradosienne, Quelqu'un parmi nous, je pose les derniers jalons de sa mise en page. Le thème de ce numéro porte sur le confinement. Pas très originale en cette période. Nous avons tellement eu de réponse que, ne pouvant réaliser un numéro double, sera publié deux numéros sur ce sujet : N° 245 en février et N° 246 en mai (à demander au secrétariat du Prado, 13 rue Père Chevrier 69007 Lyon).

Je donne à lire en cette page le témoignage de Clotilde.

Pandémie la double, triple peine des exilés

L’itinéraire emprunté par Paul est aujourd'hui emprunté par de nombreux migrants au risque de leur vie. Ils montrent la même détermination, car parmi ceux que nous avons reçus, beaucoup ont repris plusieurs fois des chemins divers. Renvoyés dans leur pays d’origine, ils sont répartis vers l’ Europe. Quand ils viennent pour leur entretien à l’OFPRA (Office français de protection des Apatrides) à Fontenay-sous-Bois, ils ont déjà galéré pendant trois, quatre, cinq ans.

Actuellement avec le virus, soit ils sont dehors, soit confinés, en attente que les entretiens reprennent, sans la possibilité de travailler.

Dans le cadre de Welcome Fontenay, nous les recevons une ou deux nuits pour qu’ils puissent se poser, venant de tous les coins de France.

Avant leur entretien avec l’officier de protection, trop angoissés, ils ont du mal à partager le repas avec nous.

Après leur entretien, rassurés ils nous livrent des bribes de leurs parcours et Pierre et moi nous pouvons les écouter avec bienveillance chacun notre tour.

Et s’ils ne reviennent pas chez nous pour une deuxième nuit, souvent nous avons un SMS pour nous dire que leur entretien s’est bien passé.

Une fois, une femme âgée, arménienne est venue deux nuits avec sa fille ; en partant, elle m’a embrassée pour me remercier, car elle ne parlait pas français. Sa fille s’exprimait en anglais.

Se mettre au service de ceux qui demandent de l’aide, c’est un peu grandir dans la foi. Mais ce n’est pas grand-chose par rapport à ceux qui luttent pour survivre. Ce qui nous rend plus grands, c’est la chaîne que nous formons, nous ne sommes qu’un maillon, mais ensemble nous sommes capables de grandes choses.

C’est ce que j’ai ressenti en cousant des sur-blouses pour les soignants à la demande de la municipalité de Bry-sur-Marne pour les hôpitaux et EHPAD de notre commune.

Merci Seigneur de cette opportunité.

Clotilde.

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