Promenade sur une terre en étant bien loin de la véritable intelligence de la rencontre qui est camaraderie, fraternité éprouvée, amitié

Publié le par Michel Durand

Promenade sur une terre en étant bien loin de la véritable intelligence de la rencontre qui est camaraderie, fraternité éprouvée, amitié

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Climat, réchauffement, migrants, migration, pollution, pandémie…

On sait. On se réunit pour dire ce que l’on sait. Colloque prestigieux ! Mais que fait-on ?

On parle sans prendre les moyens de mettre en place ce qu’il faudrait pour changer nos modes de vie. On va parler de la faim du peuple malgache ; mais, que va-t-on faire ?

 

Nous ne croyons pas en ce que nous savons… Nous ne mettons pas en pratique nos découvertes et convictions.

 

Merci à Jean-Marie de m’aider à réfléchir sur cette réalité inacceptable.

 

 

Un objet d’études…

 

« Je reviens juste du Festival des idées qui s'est tenu aujourd'hui à La-Charité-sur-Loire, dans la Nièvre.

Trois jours de débats et de rencontres ; la toute première édition eut lieu au mois de juillet 2019. [à Lyon , je pense aux dialogues en humanité]

Thème du débat/échange auquel je suis allé assister cet après-midi : “Le réveil vient (et viendra) des mobilisations”.

Le thème est présenté longuement et introduit auprès du public présent sur place, ainsi qu'auprès des quatre intervenants qui interagissent avec la salle via Internet.

Le débat est assez instructif, parfois poussif et traînant en longueur – guère passionnant, par moments.

Des poncifs, assez souvent : on rebat des idées que finalement tout le monde connaît en ce qui concerne la marche du monde, de la France, de nos sociétés.

Quittant les lieux : j'avais presque l'impression d'avoir purement et simplement perdu deux heures de mon temps.

Dans la voiture, sur le chemin du retour, je me disais :

- « Jean-Marie : qu'est-ce qui t'a finalement assez profondément déplu, dans cette affaire-là ?... »

- « Le fait, que tout comme l'an dernier, mais peut-être en plus prononcé cette fois-ci (en pire si je puis m’exprimer ainsi) nous nous trouvions ici dans l’expression la plus composée du parisianisme, d'un certain parisianisme… ou, en d'autres termes : de cette France d'en haut, et qui vient plus ou moins se montrer, parler, évoquer des sujets ma foi fort intéressants – mais avec une pointe de cette condescendance que savent avoir celles et ceux qui “savent”, vis-à-vis de celles et ceux qui, naturellement… ne savent pas, ou alors bien peu !

Bref : j'avais déjà vu et senti cela lors de l'édition de l'an dernier. Mais je sentais ici encore quelque chose me gratter, presque furieusement – inlassablement- je n'avais pas trouvé précisément le lieu exact de l’irritation et de la plaie ; puis, d'un seul coup d'un seul, alors que je me trouvais sur la route du retour à Bonny, au niveau de Pouilly :

« L'objet d'étude ». « L'Objet d'étude » !

J'avais maintenant et même assez clairement l'impression, le sentiment désagréable (et presque humiliant) que nous faisions partie – pour un certain nombre d'entre-nous tout du moins et sur place – d'une étude, guère plus… l'on nous écoute (dans le meilleur des cas), l'on nous étudie, puis l'on extrapole pour en dire quelque chose, et vaguement conclure un peu plus sur notre société ; ou bien inversement (de la société à la personne humaine).

Rien de plus.

Rien de moins, également.

Le savoir s'épaissit, mais juste le savoir, une certaine forme de savoir tout du moins, hors-sol et par moments – le pouvoir (positivement parlant) qui pourrait découler de pareilles rencontres : on n'en parle pas ; on peine à l'évoquer.

On en oublie la trace.

Et la personne humaine, dans tout cela ?…La personne humaine qui se trouve être ainsi mise plus ou moins sous la loupe – on la néglige, ou tout du moins on occulte le fait que c'est justement une personne, bien plus largement et en dehors encore de ses composantes professionnelles, familiales, géographiques, intellectuelle, financières, sanitaires, sociétales, sociologiques, etc.

Voilà.

Voilà tout.

Une personne avec toute une multitude de facettes et d'éminentes qualités qu'il nous serait bien difficile d'étudier en détail, à proprement parler.

Et puis pour moi aussi – et je vais d'ailleurs tout vous dire, puis que vous êtes là, au bout des lignes – j'ai finalement également mis, et presque par réflexe : ces gens très bien, et nets sur eux, sous la loupe, soumis également au filtre de mon jugement ; et bien que n'ayant pas organisé le colloque ainsi que les rencontres… j'ai finalement tout de même commis la même erreur !

On n'en sort pas.

Nous nous sommes finalement promenés, pour ne parler que de ces deux heures de rencontres, sur une terre qui me semble avoir été bien loin de la véritable intelligence au sens premier et plein du terme… de la camaraderie, de la fraternité éprouvée – ainsi que de l'amitié.

Jean-Marie Delthil. Bonny-sur-Loire, le 5 septembre 2020