Ce que Jésus a dit, ce que les apôtres ont dit est solide. Tout est vrai. Il nous revient de ne pas l’oublier et de le mettre en pratique

Publié le par Michel Durand

Ce que Jésus a dit, ce que les apôtres ont dit est solide. Tout est vrai. Il nous revient de ne pas l’oublier et de le mettre en pratique
Ce que Jésus a dit, ce que les apôtres ont dit est solide. Tout est vrai. Il nous revient de ne pas l’oublier et de le mettre en pratique

« Tout le peuple écoutait la lecture de la Loi » (Ne 8, 2-4a.5-6.8-10). Voir ici.

 

Ps 18 (19), 8, 9, 10, 15 - Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie. (cf. Jn 6, 63c)

« Vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps » (1 Co 12, 12-30)

« Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture » (Lc 1, 1-4 ; 4, 14-21)

 

Il m’est souvent arrivé en ce lieu, à l’occasion d’une eucharistie, de parler des groupes d’Évangiles. Je dis que les chrétiens, conscients de leur baptême sont invités à se réunir en petit groupe pour lire, approfondir, mieux comprendre, donc mieux mettre en pratique la Parole de Dieu.

Aujourd’hui, je reste dans ce contexte. L’évocation du prêtre Esdras, l’introduction de l’évangile selon Luc et la considération de Paul sur la complémentarité des membres de la Communauté nous y invitent.

Vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps… Tout le monde évidemment n’est pas apôtre, tout le monde n’est pas prophète, ni chargé d’enseigner ; tout le monde n’a pas à faire des miracles, à guérir, à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter.

Mais tout le monde a sa part à prendre dans l’annonce et le vécu de la révélation chrétienne, christique. Nous en parlons souvent maintenant. N’est-ce pas ce regard de l’Église où l’un est complémentaire de l’autre, où l’un dépend de l’autre qui justifie l’invitation à vivre l’appel à plus de synodalité, c’est-à-dire à marcher ensemble, tous ensemble à partir des plus petits d’entre nous au lieu d’obéir, parfois aveuglément à un prince commandant du haut de sa pyramide.

Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie.

Dans cette phrase de Paul, je vois une invitation à réussir un authentique art de vivre orienté par la participation de tous. Le disciple du Christ, le baptisé est missionnaire, apôtre, évangélisateur dans le quotidien de sa vie. N’est-ce pas la conclusion de toute prière eucharistique. Allez, la messe est dite. Allez manifester autour de vous l’Évangile du Seigneur. Allez en paix, glorifiez le Seigneur par votre vie. Par votre vie !

Dans le dialogue avec les musulmans, nous entendons souvent parler des religions du livre. Judaïsme, christianisme et islam sont des religions du Livre, dit-on. Cette expression provient de la formule coranique Ahl al-Kitab (« gens du Livre ») désignant les juifs et les chrétiens. Nous devons le dire avec force ; les chrétiens, les disciples du Christ ne dépendent pas d’un Livre, d’une Loi écrite. Je m’explique. S’il y a un texte, c’est parce que, auparavant il y eut un vécu. Dieu, le Créateur de toute chose parle avec les humains qu’il a créés. Il donne des orientations et demande que ses créatures mettent en œuvre sa volonté. Des scribes ont mis par écrit de nombreuses traditions orales afin d’en assurer la mémoire. Nous observons que ce qui est premier, ce n’est pas le texte écrit, le livre, mais la Parole dite. La parole de Dieu, le Créateur universel. Une parole que nous devons rendre concrète. Ce que Dieu dit à l’humanité ne peut être que des paroles, du blabla, blablabla à n’en plus finir. Ce que Dieu dit, nous devons le vivre. Alors il importe de ne pas oublier ce que Dieu exprime à l’ensemble des hommes, des humains. Esdras intervient dans ce contexte.

 

Photo d’Esdras (Esdras, 700-725, Florence, Bibliothèque Laurentienne, Amiatinus I, folio 5)

On est vers l’an 590 avant Jésus Christ. Le peuple hébreu a été déporté à Babylone par Nabuchodonosor. Un siècle plus tard, Esdras, prêtre et scribe juif, a mené environ 5 000 exilés judéens de Babylone à Jérusalem en 459 av. J.-C. Il a reconstitué la communauté juive dispersée sur le fondement de la Torah, en mettant l'accent sur la loi mosaïque (de Moïse). Ce qui compte, c’est l’écoute de la Parole de Dieu telle qu’elle fut adressée à Abraham, puis à Moïse. Si les Hébreux connurent l’exil à Babylone, c’est qu’ils se sont écartés de la pensée divine. Il convient alors de revenir à Dieu en se rappelant de tout ce que le peuple a vécu et qui est connu dans les écrits, transcriptions des traditions orales. Transcriptions sous la surveillance de l’Esprit saint.

Au VIIIe siècle de notre ère, les théologiens ont pris conscience de l’importance de la Parole du Créateur rassemblée dans divers ouvrages. C’est alors que fut peinte l’image d’Esdras dans sa bibliothèque où sont rassemblés divers manuscrits. Cet ensemble ne signifie pas que le christianisme soit une religion du livre ; cela signifie tout simplement que les hommes reconnaissent que Dieu a parlé et qu’ils souhaitent retenir et comprendre cette parole. À nous de l’étudier, l’approfondir en petit groupe d’étude biblique.

Et regardons l’évangéliste Luc.

Nous le découvrons dans cette même disposition.

J’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus.

Ce que les apôtres ont dit, ce que, d’abord, Jésus a dit est solide. Tout est vrai. Il nous revient de ne pas l’oublier et de le mettre en pratique. Jésus parlant de son Père, du Royaume accomplissait le bien autour de lui. Il nous revient de faire de même. Citoyens, nous œuvrons pour qu’adviennent justice, paix et bonheur. Une juste et universelle fraternité.

L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.

Allons dans la paix du Christ ; sortis de ce sanctuaire, glorifions Dieu par toute notre vie.

 

Photo de l’abbé Rémillieux

Justement, une rencontre d’hier apporte l’occasion de dire merci aux fidèles du Christ réunis à Notre-Dame de Saint Alban des années 1942-1943. Georges Gumpel, à cette époque enfant juif caché par les soins de cette paroisse, alors qu’il accompagne, 80 ans après, des MNA (mineurs non accompagnés) liés à l’association Relyance -AJD, Le Prado, Acolade, Slea-, fut surpris, en répondant à l’appel d’un jeune de 15 ans, vivant à deux pas d’ici, de se retrouver dans le lieu de son enfance.

Tout en exprimant sa gratitude, il adresse un appel. Je lui donne le micro. 

Trois jeunes migrants mineurs, soutenus par les AJD, habitent dans un 
appartement du quartier. Ils souhaitent rencontrer des familles, des personnes pour mieux connaître la France et être moins seuls. Qui souhaitent les rencontrer ?

Les réponses peuvent me parvenir ou être adressées à l'association "Le Passage 8e". Voir l'adresse ici. Georges s'est adressée à la paroisse par téléphone pour exposer sa demande. C'est par la suite que je l'ai invité à s'exprimer devant la communauté réunie par la prière eucharistique. 

 

Plus d'information sur les enfants cachés dans les années 1942-1943.

 

 

 

Plus d'information à propos de Georges Gumpel : suivre ce lien, article du quotidien La Croix.

 

" Pendant l'occupation, cette institution vient en aide à des familles juives persécutées, obligées de se cacher pour échapper à l'arrestation et à la déportation qui leur confiaient leurs enfants. Les enfants, dont l'identité et les origines étaient cachées, étaient ensuite envoyés dans des familles d'accueil à la campagne sous prétexte d'éloigner les enfants des risques de bombardement de Saint-Etienne".

Abbé L. Rémillieux, hommage aux fusillés du quartier.

Abbé L. Rémillieux, hommage aux fusillés du quartier.