Vivre l’Évangile en 2026 afin qu’il soit profondément perçu et pratiqué par les disciples du Christ de maintenant au service du monde actuel
Aujourd’hui, les chrétiens catholiques de France, parmi les jeunes, montrent un profil que les anciens - dont je suis assurément - ont du mal à cerner. Constatant cela depuis plusieurs années, je me dis que, même si les organisations pastorales en place marginalisent les anciens, les « aînés » comme on dit gentiment, il serait profitable que des rencontres synodales s’organisent pour aborder avec eux entre autres, sous forme de théologie pratique, les questions posées.
Vincent Feroldi, chargés des « aînés » dans le diocèse de Lyon a envoyé un document PDF qui alimente cette attente de réflexion. Je l’en remercie et augmente l’échange.en citant par exemple, dans le contexte des angoisses écologiques actuelles, cette analyse des jeunes générations de catholiques pratiquants : « Alors que le nombre de naissances n’a jamais été aussi bas en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ces jeunes cathos seraient-ils déconnectés des inquiétudes de leur génération ? “On nous a déjà dit que ce n’était pas écologique, ou que c’était égoïste de faire venir des enfants dans ce monde qui va si mal, soulignent Louise et Matthieu. Mais ce sont nos enfants qui peuvent le changer !” “Nous sommes confrontés aux mêmes inquiétudes que des non-croyants, mais la confiance dans la Providence aide à nous dire que ça va rouler…”, renchérit Diane. “La foi dans la vie plus forte que la mort est une conviction bien chrétienne, développe de son côté Véronique Lonchamp, déléguée nationale famille à la Conférence des évêques de France. Des jeunes couples bien ancrés dans leur foi savent qu’ils font un acte d’espérance en accueillant un enfant malgré les incertitudes et les crises.”»
Dans mes réflexions actuelles je reste marqué par l’annonce de l’années 2026, année Antoine Chevrier. Il ne faudrait pas que l’on se contente de rappeler, d’évoquer la spiritualité missionnaire du fondateur du Prado. Il faudrait en même temps que l’on ouvre les chapitres des recherches des pradosiens dans l’histoire pour actualiser leur mission de disciple du Christ afin d’actualiser l’Évangile aux actuels contemporains. Je reprend la question d’Olivier Chatelan : « Que sait-on du Prado après le P. Chevrier ? Rares sont les pradosiens qui ont proposé une histoire de l'Institut. Ceux qui l'ont fait enchâssent cette histoire dans un récit de fondation, et l'après-Chevrier est traité comme une sorte d’appendice. Voir ici.
Pour ne pas m’enliser dans les souvenirs évoquant la sainteté d’un véritable disciple du Christ, je remercie vraiment Vincent d’avoir communiqué ce PDF et m’engage à l’étudier.
Être catholique en France aujourd'hui - LA CROIX le 8 décembre 2025
Je compte également me plonger dans les 400 pages de l’ouvrage de Yann Raison du Cleuziou, octobre 2025, Vers une Église sans peuple ? Cadeau de ce Noël.
Vers une église sans peuple ?
Serge Bonnet et le catholicisme populaire
Esprit indépendant et inclassable, à la fois libertaire et conservateur, la vie du dominicain Serge Bonnet apporte un jour tout à fait inattendu sur l'histoire tumultueuse du catholicisme des années d'après-guerre et d'après-concile.
Yann Raison du Cleuziou nous offre ici en historien confirmé le double portrait, en miroir, d'un homme et d'une époque.
Dans les années 1960, une partie du clergé français se lance dans une vaste croisade contre la « piété populaire » : les statues de saints sont congédiées des églises et les dévotions accusées de charrier une forme de paganisme.
Serge Bonnet, après avoir partagé ce combat pour un christianisme « modernisé », se ravise lorsqu'il en découvre les conséquences sur les ouvriers d'origine polonaise ou italienne de la Lorraine sidérurgique. Il prend alors la défense d'une spiritualité incarnée, à l'encontre de la religion épurée et abstraite des intellectuels. À la fois sociologue au CNRS et prédicateur médiatique, il attaque violemment le néo-cléricalisme des avant-gardes théologiques - y compris au sein de son ordre ! - et se fera le héraut de l'autonomie des laïcs. Voici l'histoire haute en couleur d'un esprit libre et d'un dissident orageux.
Un nouvel ouvrage de référence.
RÉSUMÉ
S. Bonnet, chercheur au CNRS dans les années 1960 et 1970, souhaite devenir prêtre-ouvrier pour évangéliser un prolétariat largement déchristianisé. Il découvre alors que la foi est déjà présente dans ces classes démunies, mais qu'elle est méprisée par le clergé qui la juge arriérée. Il engage donc le combat contre le néo-cléricalisme et affirme l'autonomie des laïcs. ©Electre 2026
Professeur de sciences politiques à l’université de Bordeaux et membre de l’Institut de recherche Montesquieu, Yann Raison du Cleuziou s’est spécialisé dans l’histoire et la sociologie du catholicisme contemporain. Il a publié notamment À la droite du Père (2022) et Une contre-révolution catholique. Aux origines de La Manif pour tous (2019).
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