Avoir «le courage de mettre en œuvre» de «nouveaux modes de vie» et une «consommation plus raisonnable et plus équitable»

Publié le par Michel Durand

La «crise européenne» n'est pas «simplement une crise de gouvernance qui se résoudrait par des alternances démocratiques». Ni «une crise de la distribution des revenus dont on sortirait en réduisant quelques salaires scandaleux».
Avoir «le courage de mettre en œuvre» de «nouveaux modes de vie» et une «consommation plus raisonnable et plus équitable».
André Vingt-Trois

 

 

A.Vingt trois

À Lourdes, les évêques, d’après mes informations, parlent non seulement de l’introduction de l’écologie dans le comportement des chrétiens – p.e. dire la messe avec des hosties et du vin bio (lire mon article précédent)- mais aussi de l’importance de la crise financière, économique. Devant eux, Dominique Bourg, sauf erreur de ma part, il y a un an, a expliqué que le concept de développement durable était un leurre et certains évêques, à ce propos, ont tenu ce commentaire : « ce fut un cataclysme  qui nous est tombé dessus ».

Cette année le président de la conférence des évêques de France, André Vingt-Trois affirme : « La crise européenne est une crise du système ». Parler de crise systémique, c’est reconnaître que les bases sur lesquelles se construisent les actuelles politiques sont ébranlées. Ne sont-elles pas fondamentalement erronées ? Il ne suffit pas de les améliorer ou de les corriger, car on a trop souvent opéré cela en vain, sans succès probant.Voir ici : Le Figaro.

Espérons que les évêques iront encore plus à fond dans leur analyse. Espérons qu’ils écouteront, au-delà de ces quelques jours à Lourdes, les économistes qui demandent que les décideurs en politique reconnaissent et tiennent compte que la décroissance est bien arrivée et que nous devons solidairement avec les habitants des pays pauvres œuvrer pour que des modes de vie non basés sur le productivisme et le consumérisme se mettent en place.

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Affirmons-le. Il ne suffit pas de parler poétiquement et individuellement de vie sobre selon l’Évangile. Il faut qu’un mouvement  massif se mette en place.

Les chrétiens fidèles à leur Évangile sont tout armés pour cela. Ils sont (ou devrait être) les pionniers de cette révolution qui ne craint pas d’objecter face au désir de croissance sans limites de l’illusion libérale.

J’espère enfin que les objecteurs de croissance, dont ceux qui inscrivent leur résistance dans l’Évangile seront écoutés. Certes, je n’en aurais la preuve que  lorsque je lirai dans la presse leurs déclarations et démarches réfléchies.

Des textes circulent, des colloques sont organisés, des groupes de réflexions travaillent régulièrement, manifestent contre l’acceptation d’un capitalisme débridé. Personne n’en parle ou pas suffisamment. Les experts de ces mouvements ne sont pas invités dans l’élaboration de dossiers informant sur l’état de l’économie. Si Jacques Ellul revenait aujourd’hui pour nous peindre la réalité, il ne serait pas plus écouté que dans les années 70 ; sa parole ne serait entendue que dans quelques cercles limités. Et pourtant, la situation est beaucoup plus grave.

C’est à cause de cette urgence que je soutiens fortement les colloques organisés par Chrétiens et pic de pétrole. J’en reparlerai assurément avant la tenue de celui-ci, 18-20 novembre et j’en rendrai compte au moment opportun.

En bref, l’Église doit interroger visiblement, clairement autant le libéralisme économique que le comportement libertaire dans les mœurs. Du reste, les deux attitudes sont souvent de plus en plus associées.

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