EPIDERMIQUE

Publié le par Michel Durand

Merci à Jean-Marie. On se prépare à la légéreté de l'été.

 

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Lundi dernier, au petit matin, avenue Alsace Lorraine… vous trouvez la Poste, et au numéro 14, un Institut de beauté… durant les nuits, les affiches fleurissent parfois sur les murs de Grenoble – une est venue se coller juste là, à droite de la porte de cette boutique, elle représente une pin-up en noir et blanc des années cinquante qui prend la pose en levant les bras… un texte en dessous…

 

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« ENFIN ! J’ose lever les bras. Depuis que je me suis débarrassé de toutes ces normes de pilosité opprimantes ! Depuis des années, on nous ment, on nous rase, on nous manipule. Tout cela a assez duré ! Car voici la vérité : nous les femmes, avons des poils sur le corps. C’est un fait. Et c’est normal ! C’est sexy ! C’est soyeux ! C’est doux ! Le poil, c’est le nouveau chic ! Laissons nos poils flotter librement aux quatre vents ! L’heure de la révolte velue a sonné ».

Mon appareil photo est dans ma poche… un homme – petit père – si l’on peut dire, se tient là, juste à côté de l’affiche, sur la droite, il accompagne un copain qui retire de l’argent d’un DAB encore ensommeillé ; moi : – « Vous avez vu ça ?! C’est extra ! Ça paye !! », le grand costaud rigole, il n’a pas encore vu l’affiche, il la lit ; lui : – « Ah ouais !... C’est pas mal !... », et moi aussitôt, d’embrayer : – « Oh, s’il vous plaît, vous ne voudriez pas poser sur la photo, là, juste à côté de l’affiche ?!... », – « Ouai – pas de problème… », – « J’essayerai ensuite de la publier cette photo, et puis je vais faire un texte qui va avec ; vous trouverez tout ça peut-être dans les Affiches de Grenoble, sur leur site Internet… », – « Ok, alors vous direz dans votre texte que je m’appelle le ‘Père Noël’, tous mes copains m’appellent comme ça : ‘Le Père Noël’, et à Noël, je suis déguisé en Père Noël ». – « D’accord, pas de problème ! ». Et me voilà maintenant, qui rédige l’article avec un homme en illustration qui est finalement tout ce qu’il y a de bien rasé… dommage pour mon article ; et le Père Noël, ce n’est pas une femme, pour en revenir à notre sujet… mais imaginez un peu : une femme à barbe (ne vous fâchez pas) sur la photo, ça aurait quand même eu une autre allure, vous ne pensez pas ? Et puis heureuse de l’être, hein ? Enfin, pas trop malheureuse, décomplexée, nature et tout et tout – C’est ça le problème, c’est que de nos jours, on ne peut plus vraiment être nature : se situer en dehors des clous, des canons de la beauté et même du politiquement correct – tenez, si je vous dis que nous les pauvres, ou en tout cas les pas bien riches, on ne souhaite pas toujours travailler… on ne souhaite pas toujours travailler quand manifestement le travail qui nous est proposé n’est pas en accord avec nos idées, notre philosophie de la vie, l’idée que l’on se fait du rapport – du vrai rapport –, respectueux et clair, que l’on pourrait (et que l’on devrait) avoir les uns avec les autres… eh bien vous dites (vous pourriez dire) que c’est tout bonnement scandaleux cette affaire-là, ou révolutionnaire, que la crise économique que nous connaissons pourrait être ni plus ni moins que la conséquence du comportement de gens qui pensent et qui agissent comme ça, alors que ces banquiers (ces fameux banquiers mis récemment sous le feu de l’actualité), dans leur grande majorité, ont manifestement tout fait pour redresser la barre et changer profondément leurs manières d’agir et de faire… Bon, on peut décidément épiloguer longtemps, dire, écrire et faire beaucoup de choses sur le sujet… Et pour en revenir aux femmes dont c’était la Journée Mondiale justement lundi dernier, eh bien de nombreuses personnes – dont je fais partie – sont d’accord pour dire et souhaiter qu’elles soient davantage écoutées, mais mieux encore : qu’elles soient réellement en place et plus nombreuses aux postes de direction de nos grandes entreprises ou de nos administrations, et dans la politique aussi ; eh bien alors ça irait mieux, on vivrait, je pense, avec plus de souplesse et de finesse dans notre société, on vivrait avec plus de feeling, plus de sensibilité et de respect de la vie et de la personne humaine. On vivrait peut-être tout simplement vraiment. Et si on est encore intelligent, on peut se dire aussi que tout cela n’est pas toujours une affaire de sexe, de genre humain, masculin… féminin… mais de bonté et de bonne volonté, oui : de bonté première… Il nous reste encore du chemin à parcourir… Such a long way, sometimes…

 

Jean-Marie Delthil.

Journaliste, qui aime beaucoup le « Marie » de son prénom. 10 mars 2010.

Publié dans J. M. Delthil

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