Palestine suite 4

Publié le par Michel Durand

Afin d’éviter les discussions abstraites sur la Palestine, j’ai le bonheur de vous communiquer ce témoignage de Monique. Voir Palestine 1 ; Palestine 2 ; Palestine 3

 

Séjour en territoire occupé Automne 2010 (11octobre/22 novembre)

La résistance dans les terres

4e Partie : Dans un hôtel de Jérusalem 4 novembre

Après les olives, au lieu de descendre sur Jérusalem comme annoncé, j'ai dû changer mon programme et remonter sur Tulkarem, accueillie par une famille de maraîchers.

 

Tulkarem, ville au nord-ouest, au bord de la ligne verte et donc du Mur, ville qui souffre énormément de cette barrière.

J'étais donc dans une famille palestinienne de fermiers/maraîchers (farmers comme on dit ici), j'ai vécu et travaillé avec eux quatre jours. J'avais connu le père en France lors d'un de ses voyages de témoignage.

Terre des grands-parents, terre de maraîchage en partie sous serres, concombres, tomates, haricots… mais aussi arbres fruitiers, le tout le plus possible en culture « organique ».


mur-palestine-ptt.jpgEn 1987 une usine chimique d'engrais et de pesticides très polluant et toxique, l'usine Ghishori vient se coller à côté d'eux, leur prenant une partie des terres. Les Israéliens n'en voulaient plus au milieu de leur territoire, elle n'était pas aux normes, alors elle a été déplacée vers la ligne verte et même de l'autre côté, en territoire palestinien, juste au pied de Tulkarem agglomération de plus de 60 000 habitants ; pollution pour toute la ville, les vents dominants venant de l'ouest, pollution également des nappes phréatiques. Quand les vents soufflent de l'Est, l'usine est arrêtée à la demande d'une usine israélienne proche produisant des fleurs ! D'autres usines chimiques se sont implantées depuis dans la même zone. Puis vient la deuxième intifada ; on veut leur prendre leurs trois hectares, une lutte incroyable quotidienne entre 2000 et 2003 (leurs cultures détruites plusieurs fois par des bulldozers, les conduites d'eau d'irrigation coupées... ), mais chaque fois ils redémarrent. Puis la construction du Mur en 2003 qui leur prend encore des terres, leur reste alors 1 ha sur les 3 ha qu'ils avaient et où ils faisaient travailler dix personnes.

ZI-Tulkarem2.jpg

L'hiver dernier toutes les terres ont été inondées pendant trois mois, inondation détruisant les cultures et les serres, parce que le Mur bloque l'écoulement des eaux venant des hauteurs de Cisjordanie ; des vannes permettent l'écoulement ont été prévues, mais elles sont ouvertes au bon vouloir de l'armée israélienne et là, elles sont restées fermées trois mois !

Pendant que j'aidais à la ferme, le père engagé dans les comités populaires non violents partait pour une tournée d'un mois en Belgique et en France.

Ce séjour fut un temps très fort par le partage du travail, mais aussi de la vie quotidienne avec la famille et les cinq enfants.


Publié dans Palestine

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