Un inconnu perturbe la marche mondiale de l’humanité. Que cela nous replace sur les chemins de la rencontre du pauvre admiré dans sa dignité

Publié le par Michel Durand

La Nativité du Christ Giotto di Bondone (1267-1337), fresque de la chapelle des Scrovegni, Padoue

La Nativité du Christ Giotto di Bondone (1267-1337), fresque de la chapelle des Scrovegni, Padoue

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Je m’imagine le fils de Marie (épouse de Joseph), en présence de Covid-19. Il est fils de Marie, mais nous le comprenons chaque jour un peu mieux comme provenant de Dieu, sa Parole faite chair. Et le Verbe habita parmi nous !

Que dirait Jésus de ce virus ?

Il voit que les humains font bien trop confiance aux techniques, aux sciences, aux inventions sophistiquées. Alors il leur dit : Ne soyez pas ignorants de ce qui peut détruire la vie humaine sur terre. Toute votre assurance est dans vos inventions humaines ; vous vous imaginez capable de vivre très longtemps grâce aux progrès des médecines, des inventions numériques, des intelligences artificielles. Les techno-scientifiques vous promettent de devenir des hommes augmentés, invincibles aux intelligences inouïes ; alors vous les adorez comme s’ils étaient des dieux ou les prêtres de divinités cyborgs. Dieux imaginés à l’instar d’humains dotés d’intelligence artificielle.

Attention, dit Jésus. Votre confiance dans la science vous conduit à la perte. Elle engendre votre propre destruction. Que n’avez-vous pas écouté des sages comme Jacques Ellul ? « Dans La parole humiliée, il plaide pour une réconciliation entre la parole et la vie, la société contemporaine se caractérisant par sa « haine de la parole » (de la parole vraie, s’entend) conséquence de l’idolâtrie technicienne ». Il y a une « illusion à vouloir maîtriser la technique “de l’intérieur” par une simple réflexion sur les bons et les mauvais usages ». En effet, « ce n’est pas sans raison qu’Ellul a consacré tout un livre, L’illusion politique, à l’impuissance du politique face à la logique du système technicien. Mais que vaut cet avertissement si, par avance, toute action politique, c’est-à-dire sur l’organisation et les choix collectifs d’une société, est condamnée au nom du refus de la puissance ? Il va bien falloir choisir une priorité entre deux manifestations de la puissance : le développement de la logique technicienne sans frein ou bien la possibilité de résistance et de contrôle par la sphère du politique en vertu de sa vocation d’organisation de la société ».Voir ici.

Jésus dit, regardez l’Angleterre. Ses chefs veulent s’isoler des autres européens par avoir plus de richesses matérielles. Ils symbolisent l’égoïsme qui envahit le monde entier oubliant les très pauvres dont on ignore les nombreux appels. L’adoration du dieu argent rend aveugle devant ceux qui n’ont pas de quoi manger et qui vivent sans maison, car la guerre ou la famine les ont chassés de leur chez eux.

Eh bien, un virus se présente et se modifie pour perturber la vie de ceux qui se croient tout puissants. Par nos techniques nous nous croyons libre du Créateur ? L’invisible virus nous rappelle tous à la réalité.

Jésus dit encore : « rappelez-vous ce que je disais quand j’annonçais la Bonne Nouvelle en Galilée suite à l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient. Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. » Voir Luc 13,1-9.

La Covid-19 incite à reprendre ce même appel : « si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. » Une invitation à sortir de la tendance individualo technicienne.

C’est dans ce contexte que je formule mes vœux de nouvelle année qui comme tous les ans prennent leur source dans la Naissance du Fils de Marie - Fils de Dieu. Et le Verbe c’est fait chair, apportant, en notre langue la Vérité.

 

Le virus engendre une crise ?

« La crise est un phénomène qui investit tout et chacun, exprime le pape François. Elle est présente partout et à toute époque de l’histoire, elle implique les idéologies, la politique, l’économie, la technique, l’écologie, la religion. » « Car toute situation de crise est ce tamis qui nettoie le grain de blé après la moisson ». Ces pensées furent exprimées à l’occasion des traditionnels vœux aux membres de la Curie. Voir ici.

 

Mes vœux de Noël pour cette année 2021 puisent leur réflexion dans le constat de ce qu’apporte une bonne perception de la crise sanitaire.

Nous nous croyons tout puissants ; un invisible inconnu perturbe la marche mondiale de l’humanité. Que cette réalité inévitable nous replace sur les chemins de la rencontre, de la fraternité, de l’amour où le plus petit est admiré dans toute sa dignité. Jésus nous l’annonce : aimez-vous les uns les autres comme je vous aime.

Notre Dieu, Trinité d’amour,

par la force communautaire de ton intimité divine

fait couler en nous le fleuve de l’amour fraternel.

Donne-nous cet amour qui se reflétait dans les gestes de Jésus

dans sa famille de Nazareth et dans la première communauté chrétienne. Fratelli Tutti.

Voir ici

 

 

 

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